Incendies: la Grèce peut souffler, tout en restant sur ses gardes

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Après une série de violents incendies qui ont frappé la Grèce durant près de quinze jours, brûlé plus de 100 000 hectares de terres et entraîné l’aide de centaines de pompiers étrangers, la situation semble de nouveau sous contrôle. Les autorités restent malgré tout attentives face au risque de reprise des feux, dans un contexte de températures toujours élevées et de vents qui devraient s’intensifier au cours du week-end.

Avec notre envoyé spécial à Lagadia dans le Péloponnèse, Joël Bronner

Signe que les choses vont beaucoup mieux sur le front des incendies à travers la Grèce en général, les flammes ont quitté la Une de la presse nationale, une place qu’elles occupaient depuis fin juillet, et qui est à présent de nouveau tenue par des nouvelles concernant le Covid-19 et l’évolution de la crise sanitaire.

Dans le Péloponnèse, un représentant des pompiers français venus prêter main forte dans la région de l’Arcadie – ils sont 140 à l’heure actuelle, épaulés par 100 militaires – indique de son côté que la situation s’est nettement améliorée au cours des trois derniers jours. Une amélioration facilitée en partie par une météo plus favorable.

À présent, le travail de ces pompiers consiste principalement à protéger les zones les plus proches des villages, en évitant le risque de reprise des flammes à partir de braises toujours incandescentes. L’heure est aussi au bilan écologique et économique de ces feux, qui ont ravagé les régions grecques pendant une dizaine de jours.

Près de 100 000 hectares de forêts ont brûlé à travers le pays. Au nord d’Athènes, le massif montagneux du Parnès ainsi que plusieurs villages alentours ont ainsi été la proie des flammes. Face à des secours débordés, certains habitants ont fait ce qu’ils ont pu pour aider les pompiers et lutter, eux aussi, contre les flammes.

L’incendie du nord d’Athènes a finalement été éteint, mais un certain ressentiment habite à présent une partie de la population locale vis-à-vis de la gestion des différents feux. « Nous n’avions absolument pas d’eau, juste quelques branches dans nos mains pour essayer d’arrêter le feu, c’est tout », confie Georgios, un habitant de la zone sinistrée.

S’il est conscient que le nombre des incendies a compliqué la tâche des secours, il en a gros sur le cœur et ne peut s’empêcher de blâmer la gestion des autorités : « J’ai dû abandonner mon travail, mon véhicule professionnel a subi des dommages à cette occasion, et tout cela parce que l’État n’était pas présent. L’État a dysfonctionné. »

Sur l’île d’Eubée, ce sont quelque 50 000 hectares de forêt et de terres agricoles qui sont partis en fumée ces dix derniers jours, ce qui correspond à environ la moitié des surfaces calcinées du pays. Ce désastre, la grande île située au nord-est de la capitale, Athènes, mettra probablement de nombreuses années à s’en relever.

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