Vaccin anti-Covid-19 : Londres résilie son contrat avec Valneva qui chute de 44% en Bourse

Mauvaise nouvelle pour la biotech franco-autrichienne installée à Nantes auquel le Royaume-Uni avait commandé cet été quelque 100 millions de doses de son candidat vaccin pour la période 2021-2022. Ce lundi, le laboratoire Valneva, qui a pris les devants, annonce avoir « reçu un avis de résiliation » de la part du gouvernement britannique concernant « l’accord de fourniture » de son candidat vaccin contre le Covid-19.

Valneva explique que le contrat incluait une clause qui permettait au gouvernement britannique de le rompre. Mais un motif invoqué ne passe pas: selon le communiqué de la biotech, Londres aurait reproché au labo d’avoir « manqué à ses obligations, ce que Valneva conteste vigoureusement », indique le laboratoire, sans donner plus de détails sur lesdits manquements.

« Valneva SE, société spécialisée dans les vaccins, a annoncé aujourd’hui avoir reçu un avis de résiliation, par le gouvernement britannique (« HMG »), de l’accord de fourniture de son candidat vaccin contre la COVID-19, VLA2001. Le contrat inclut une clause permettant à HMG d’y mettre fin. HMG prétend de plus que Valneva a manqué à ses obligations, ce que Valneva conteste vigoureusement », déclare le laboratoire dans son communiqué.

La biotech proteste de ses efforts et de son implication

Valneva utilise la technologie du vaccin à virus désactivé -plus classique que celle de l’ARN messager pratiquée par Pfizer/BioNTech et Moderna-, et qui sert par exemple pour les vaccins contre la grippe chaque année. Selon la biotech, le « VLA2001 est actuellement le seul candidat vaccin inactivé et adjuvanté contre la COVID-19 en développement clinique en Europe ».

Il avait soumis en août sa demande d’autorisation auprès des autorités de santé britannique.

Le laboratoire avait indiqué fin août que sur la base des essais de phase I et II, il espérait « avoir un vaccin qui soit efficace de manière supérieure à 80% ». « Il va falloir le démontrer dans l’essai de phase III », avait souligné son directeur général Franck Grimaud.

Valneva explique dans son communiqué avoir travaillé sans relâche, et s’être investi au maximum de ses capacités, dans sa collaboration avec le gouvernement britannique, « notamment en engageant des ressources significatives et en montrant une très forte implication afin de répondre à [ses] demandes sur des vaccins adaptés aux variants ».

Il indique qu’il « continue à être pleinement engagé dans le développement » de son candidat-vaccin, le VLA2001, et qu’il « va accroître ses efforts avec d’autres clients potentiels afin de s’assurer que son vaccin inactivé puisse être utilisé dans la lutte contre la pandémie ».

Le labo garde l’espoir d’une certification par l’agence de santé britannique

Valneva rappelle que les résultats des essais de phase III – destinés à prouver l’efficacité réelle d’un traitement avant une éventuelle mise sur le marché – « sont attendus au début du quatrième trimestre », c’est-à-dire très prochainement.

« Ces résultats feront partie de la soumission progressive du dossier de demande d’autorisation conditionnelle de VLA2001 auprès de l’agence de santé britannique MHRA. Sous réserve des résultats de Phase 3 et de l’approbation de la MHRA, Valneva pense qu’une autorisation initiale de mise sur le marché de VLA2001 pourrait être obtenue fin 2021 », déclare la biotech dans son communiqué.

La nouvelle fait plonger le cours de l’action

À la Bourse de Paris, le titre plongeait d’abord de près de 6% à l’ouverture, puis la chute s’accentuait très vite, jusqu’à -44% vers 9h15 selon Reuters. À 9h30, la baisse était encore de près de -40%.

Pour rappel, le titre de Valneva SE est coté en Bourse à New York, au Nasdaq [ticker: VALN] et à la Bourse de Paris, sur Paris Euronext Paris [VLA].

(avec AFP et Reuters)