Sous-marins: les salariés de Naval Group accusent le coup après l’annulation du contrat

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Même si l’impact sur l’emploi n’est pas encore clairement défini et que les chiffres varient selon les sources, l’annulation du « contrat du siècle » de douze sous-marins pour l’Australie sur lequel travaillaient environ 500 personnes est un coup dur pour Cherbourg. Comment réagissent les salariés de Naval Group ?  

Avec notre envoyée spéciale à Cherbourg, Pauline Gleize

L’Australie ne poursuivra pas le « contrat du siècle » portant sur douze sous-marins construits par Naval Group. Le projet avait, selon une source syndicale, pris quelques mois de retard et le contrat a été l’objet de maintes polémiques en Australie. Mais l’annonce en a pris beaucoup de court.

« Des décisions qui nous dépassent »

À la sortie du site cherbourgeois de Naval Group, un immense hangar en arrière-plan, la plupart des salariés fuient micros et caméras. Gilles s’arrête tout de même quelques minutes. Il travaille sur le programme des sous-marins australiens et accuse le coup : « C’est un peu comme après un match de boxe, témoigne-t-il. Il va falloir un peu de temps pour pouvoir reprendre son souffle et rebondir. » Un mauvais moment auquel il ne s’attendait pas : « Surtout qu’on avait de bons retours sur le dossier qu’on a livré avant-hier et qui avait été bien reçu. Quand on travaille et qu’on met le travail à la poubelle, c’est toujours une déception. »

Badge autour du cou, Dominique, un technicien, est aussi un peu sonné. « C’est un coup dur pour Cherbourg, donc on verra les conséquences, réagit-il. Après, on se rend compte aujourd’hui qu’on est une entreprise industrielle qui n’est pas comme tout le monde puisque, effectivement, on a des décisions qui sont prises et qui nous dépassent, donc des décisions politiques. Et on espère que derrière, les conséquences pour les personnels seront bien prises en charge. »

Employés australiens

Yvan assure que les salariés de Naval Group ont pris l’annonce en pleine face, mais lui reste positif. « Cela ne va remettre en cause le fait que Naval Group fabrique des sous-marins qui plongent et qui remontent en toute sécurité, estime-t-il. On ne va pas remettre en cause notre travail. »

Le carnet de commandes de Naval Group est, selon plusieurs sources, loin d’être vide. La CGT espère que tous les salariés seront reclassés et que la campagne de recrutement ne sera pas annulée. Même si elle serait désormais gelée, selon une autre source syndicale.

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Très peu d’informations filtrent en revanche sur la situation des quelques dizaines d’Australiens qui travaillaient sur le projet à Cherbourg.

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