Primaire écologiste : Yannick Jadot et Sandrine Rousseau qualifiés pour le second tour

Yannick Jadot et Sandrine Rousseau, arrivés en tête du premier tour de la primaire écologiste, s’affronteront au deuxième tour organisé du 25 au 28 septembre, ont annoncé dimanche les organisateurs du scrutin.

L’eurodéputé Yannick Jadot et l’économiste Sandrine Rousseau sont arrivés en tête du premier tour de la primaire écologiste et s’affronteront au deuxième tour organisé du 25 au 28 septembre, ont annoncé, dimanche 19 septembre, les organisateurs du scrutin.

Avec 27,70 % des voix des plus de 122 000 inscrits, Yannick Jadot est arrivé en tête de ce vote organisé en ligne du 16 au 19 septembre, suivi par Sandrine Rousseau, avec 25,14 % des voix. La députée Delphine Batho avec 22,32 % est arrivée troisième mais échoue à se qualifier au second tour, suivie par le maire de Grenoble Éric Piolle avec 22,29 % et l’entrepreneur Jean-Marc Governatori avec 2,35 %.

« Clivage politique clair »

Les deux qualifiés se sont succédé à la tribune, affichant leur volonté de rassemblement mais aussi leurs différences de lignes.

Yannick Jadot a plaidé à plusieurs reprises pour une « écologie de gouvernement, prête à assumer ses responsabilités ».

« On ne peut pas s’offrir un quinquennat de plus d’Emmanuel Macron », a insisté l’eurodéputé, ciblant également l’extrême droite et Eric Zemmour, sans le nommer.

Quelques minutes plus tard, l’écoféministe Sandrine Rousseau a revendiqué sa « radicalité », car « le temps des petits pas et de l’accompagnement n’est plus le moment ».

« Yannick Jadot porte une écologie que je respecte mais qui n’est pas la mienne, moi je suis une écologiste de gauche, radicale, sociale, a-t-elle prévenu, assumant un « clivage politique clair » avec son concurrent.

« Un deuxième tour particulièrement ouvert »

Arrivée en troisième position avec 22,32% des voix, la députée Delphine Batho, tenante de la « décroissance », a échoué à se qualifier, tout comme le maire de Grenoble Eric Piolle (22,29%) et l’entrepreneur Jean-Marc Governatori (2,35%).

« Ça donne un 2e tour particulièrement ouvert », relève l’eurodéputé David Cormand, ex-numéro 1 du parti et soutien d’Eric Piolle.

Les pronostics avaient été rendus difficiles par le quadruplement du précédent record d’inscrits pour une primaire écologiste, qui était jusque-là de 32 000 personnes en 2011.

« 122 675 » inscrits, « c’est un record pour nous, c’est historique », s’est réjoui Julien Bayou, le secrétaire national d’EELV. « On s’organise sérieusement pour 2022. Nous n’y allons pas pour faire de la figuration, nous y allons pour gagner », a-t-il assuré alors que les candidatures à la présidentielle se bousculent à gauche. 

Fort de son succès aux européennes de 2019, Yannick Jadot, candidat de « l’écologie des solutions », faisait figure de favori pour cette primaire écologiste.

Désillusion pour Piolle

Face à lui, le duel de la ligne bien ancrée à gauche a nettement penché en faveur de Sandrine Rousseau, infligeant une lourde désillusion au très préparé Éric Piolle.

L’écoféministe avait émergé médiatiquement lors des Journées d’été à Poitiers, avec notamment un discours très applaudi devant des milliers de militants. Des interventions tranchantes dans les médias au cours des semaines suivantes, au prix de quelques controverses, avaient achevé de faire de Sandrine Rousseau une postulante sérieuse au second tour.

De quoi désarçonner le camp Éric Piolle. Le maire de Grenoble était considéré comme le seul rival véritable de Yannick Jadot ces derniers mois. Il a multiplié les déplacements, tissant méticuleusement son réseau de soutiens, élaborant un programme de propositions précises comme l’ISF climatique et la création de 25.000 fermes municipales.

Mais Sandrine Rousseau lui a disputé le vote des écologistes radicaux, qui attendent du futur président une confrontation avec le capitalisme pour hâter la transition écologique.

Les deux camps se regardaient en chiens de faïence depuis plusieurs semaines. « Il y a plus d’affinités avec les équipes de Yannick Jadot, même si c’est une ligne et une façon de faire différentes », confie une lieutenant de Sandrine Rousseau.

Les écologistes saluent tous en choeur une primaire aux débats apaisés, loin du spectacle de division des années 2010. Même leur futur adversaire, le candidat Insoumis à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon, leur a distribué un bon point, vendredi dans Libération: « Il y a un certain panache de leur part à faire voir l’arc de leurs positions ». Avant de cogner: « Aujourd’hui les Verts sont davantage un parti de centre gauche que de l’écologie pure, car tous les partis sont devenus écologistes ».

EELV peut cependant se targuer d’une bonne image chez 55% des Français, selon un sondage réalisé par Odoxa-Backbone Consulting pour Le Figaro vendredi. Mais défi pour le candidat qui sera désigné: le parti n’est perçu ni comme « réaliste » (58%) ni comme « crédible » (54%)

Avec AFP

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